Biographie de Simone Veil

Simone Jacob est née à Nice dans les Alpes-Maritimes le 13 juillet 1927 dans une famille juive d'un père architecte et d'une mère, brillante bachelière et étudiante en chimie, devenue mère au foyer pour élever ses 4 enfants. Benjamine de la fratrie, la jeune Simone a 2 ans quand la crise de 1929 vient frapper la famille et signe la fin de la quiétude familiale.
DOB: 07/13/1927

Les années de guerre

Avec le début de la Seconde Guerre Mondiale commencent les premières brimades à l'encontre des Juifs, perpétrées par le régime de Vichy et l'obligation de se déclarer aux autorités. André Jacob, le père, perd le droit d'exercer sa profession tandis qu'Yvonne, la mère, se débrouille pour nourrir la famille. Malgré la prise de contrôle de la côte d'Azur par les allemands et le climat anti-sémite ambiant, Simone Jacob réussit son baccalauréat en mars 1944.

Simone est âgée de 16 ans lorsqu'elle est arrêtée le 30 mars 1944 à Nice à l'occasion d'un contrôle de rue, malgré son nom d'emprunt, Simone Jacquier. Elle est conduite à l'hôtel Excelsior qui servait de lieu de rassemblement des juifs avant leur départ vers l'Allemagne. Les autres membres de la famille Jacob, hébergés par des amis niçois, sont arrêtés également en suivant.

Simone est envoyé au camp de Drancy tandis que son père et son frère partent vers la Lituanie d'où ils ne reviendront jamais. Simone, sa mère et l'une de ses soeurs quittent Drancy pour Auschwitz-Birkenau par le convoi n°71 où elles arrivent le 15 avril au soir. Sur les conseils d'un prisonnier parlant français, elle déclare avoir plus de 18 ans, ce qui lui évite l'extermination. Un tatouage sur son bras portant matricule 78651 est désormais son "sésame" pour le travail forcé. Après avoir déchargé des camions de pierres elle est transférée à Bobrek puis à Bergen-Belsen où elle est affectée en cuisine. Sa mère est alors emportée par le typhus et sa soeur sauvée de justesse par l'arrivée des alliés en 1945.

Retour en France

Simone Jacob retrouve la France en mai 1945 et choisit de taire les souvenirs de cette jeunesse en déportation. Elle épouse Antoine Veil, un futur inspecteur des Finances le 26 octobre 1946 et donne naissance à 3 fils en 1947, 1948 et 1954.

Nantie d'une licence en droit et d'un diplôme de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, elle obtient, en 1956, le concours de la magistrature et prend en charge les affaires judiciaires comme haut fonctionnaire de l'administration pénitentiaire. Elle devient en 1970 secrétaire général du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Après la mort de Georges Pompidou et l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, elle est nommée Ministre de la Santé sous le gouvernement de Jacques Chirac et le reste sous les gouvernements de Raymond Barre.

La loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse : Son combat au nom des femmes

En 1974, elle est chargée de présenter un projet de loi dépénalisant l'avortement. Ce texte qui lui vaudra les foudre d'une partie de la classe politique, est adopté le 29 novembre 1974 et entre en vigueur le 17 janvier 1975.

La carrière européenne et retrait progressif de la vie politique

S'ouvre ensuite un épisode important dans la carrière politique de Simone Veil. Elle devient tête de liste UDF lors des élections de 1979 et élue première présidente du Parlement européen au suffrage universel direct jusqu'en 1982. Elle reste députée européenne jusqu'en 1993 avant d'être nommée Ministre d'État des Affaires sociales dans le gouvernement d'Édouard Balladur (1993-1995) et de terminer sa carrière au Conseil constitutionnel (1998-2007). Elle s'engagera en 2005 pour le "oui" au Traité européen.

En mars 2007 elle soutient Nicolas Sarkozy, un ami fidèle, à l'élection présidentielle qui annonce lors de sa campagne, la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.

De 2000 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle devient présidente d'honneur.

Le 20 novembre 2008, elle rentre à l'Académie française par élection au premier tour de scrutin par 22 voix sur 29.

Elle est promue Grand Officier de la Légion d'Honneur le 1er janvier 2009, une distinction qu'elle avait refusée quelques années plus tôt.

Proche de la famille centriste, Simone Veil se tient aux côtés de Jean-Louis Borloo lors du congrès fondateur de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), en octobre 2012.

Simone Veil (1993) by Erling Mandelmann

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"Simone Veil02b" by Roland Godefroy - Own work. Licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons.

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"Tissot-Panafieu gymnase Japy 2008 02 27 n3 ret" by Marie-Lan Nguyen (User:Jastrow) - own work retouché par toony. Licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons.